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Rebâtir la relation médecin - patient

Par une tendance initiée il y a plusieurs années maintenant, l'hôpital est quasiment devenu la seule porte ouverte en cas d'urgence médicale. On est bien loin du médecin de famille qui se déplaçait à la maison pour une suture ou une forte fièvre, ou même de la consultation sans rendez-vous au cabinet parce que votre enfant fait une otite. L'hôpital était autrefois réservé aux cas les plus graves. Désormais, la course au rendement impose que l'agenda du praticien soit le plus rempli possible et de souvent plusieurs semaines à l'avance. Les journées voient donc se succéder contrôles de routine et renouvellement d'ordonnances. Mais au bout du compte, il y a de moins en moins de place pour les aléas et en cas de réel besoin, vous êtes invités à vous rendre aux urgences. On ne s'étonnera pas que le corps des médecins ait de ce fait beaucoup perdu en respectabilité, rare étant ceux qui continuent d'exercer leur profession comme un sacerdoce. Pendant ce temps, l'hôpital est exsangue. Les conditions d'exercice des infirmières, sages-femmes et médecins urgentistes se durcissent, les locaux publiques se dégradent, des unités ferment.

Si le mécanisme du tiers payant a permis de réduire les coûts de traitement des caisses d'assurance maladie, il fait perdre à l'assuré la notion des sommes engagées et le frein à la dépense de santé lorsqu'elle n'est pas justifiée.

Le remboursement en pharmacie sur la base des génériques a été une étape importante en matière de réduction de la dépense publique de santé. De même, il convient de limiter les actes inutiles. Au delà une part importante de la dépense pourrait être évitée par un meilleur fonctionnement de l'administration publique et une meilleure performance au service de la population. L'objectif n'est pas de réduire les frais de fonctionnement au détriment du service rendu.

Je propose de réaffirmer la complémentarité du dispositif de soin en créant les conditions d'une meilleure répartition des actes curatifs entre les praticiens individuels, les cabinets médicaux et les services d'urgence.

A l'instant de basculer

"Entre la médecine préventive et la médecine curative, la France a choisi la seconde. […] Cette décomposition nationale produit une société malade qu’on ne veut surtout pas guérir !"

"A l'instant de basculer". Rama Yade - les éditions du net 2016

Panser la santé

La sécurité sociale en France date de 1945.

C'est une institution que beaucoup de pays, après la France, ont mis en place.

Elle couvre les événements de la vie (maladie, accidents, vieillesse et famille), donne un accès aux soins et assure un accompagnement financier.

En 2015, ces comptes étaient en déficit de 12 milliards d'euros pour un budget annuel de 333 milliards. Je considère que cette institution doit être maintenue et que la prise en charge des prestations doit rester à très bon niveau.

La loi du 13 août 2004 relative à l'assurance maladie est venue simplifier le suivi des soins, le système de remboursement et a permis de mieux maîtriser la dépense par la création du médecin traitant, du dossier médical personnalisé et la promotion des médicaments génériques.

En revanche, j'estime que la mise en place du forfait 1 euro contribue à faire perdre à l’assuré la notion des sommes engagées. Aussi, si cette disposition a pu permettre à l’assurance maladie de réduire ses coûts de fonctionnement sur le remboursement des actes, tout en permettant aux assurés de ne pas se priver des soins nécessaires, il convient de rester vigilant pour éviter les abus comme la surmédicalisation ou la multiplication d’actes inutiles.

Aussi, je propose de mettre sous surveillance la répétitivité (fréquence, durée) des actes et la multiplication des consultations et d'évaluer entre l'assuré et la caisse d'assurance maladie que les soins pratiqués sont toujours pertinents.

Accompagner la fin de vie

La mort est toujours une période douloureuse et de plus grande vulnérabilité pour les proches. Même les plus démunis doivent pouvoir accompagner leurs morts dans la dignité. En particulier, les frais à supporter pour l'organisation des funérailles ne doivent pas constituer une humiliation supplémentaire.

Je propose d'établir les conditions pour l'organisation d'obsèques simples mais respectueuses et un tarif de base réglementé, chacun restant libre de préférer un service personnalisé selon ses moyens et ses volontés.

Soigner la planète

Pour moi,  la bonne santé des populations est directement liée à celle de la planète.

Je propose de développer les énergies propres, de remplacer progressivement l'énergie fossile (pétrole, uranium, gaz) par une énergie renouvelable, propre et saine. Avec la conscience que ces mutations doivent se faire progressivement et continuellement, à un rythme soutenable par l'économie et la population.

En particulier, je suis convaincus qu'il faudra passer par une réduction des déplacements très consommateurs en énergie et très polluants. Nous souhaitons instaurer une distinction pour les entreprises et les services qui auront des résultats dans l'optimisation des trajets par leurs personnels, et dans celle des flux de production et de distribution. Nous souhaitons favoriser, développer et améliorer les transports en commun versus les véhicules de particuliers qui marquent très fortement l'empreinte écologique (tant par la consommation de carburant que par la fabrication automobile, la construction et l'entretien des routes).

Ce que nous faisons de la planète aujourd'hui, c'est ce que nous laisserons en héritage à nos enfants.

Raisonner l'agriculture

S'agissant de la production alimentaire, il nous semble que la principale cause de difficulté réside dans le coût dérisoire à l'unité et "l'obligation" qui en découle de produire de manière toujours plus intensive, sans pour autant permettre aux exploitants d'en vivre décemment.

Les agriculteurs et les éleveurs ne parviennent plus à vivre de leur exploitation par le prix qu'ils en obtiennent. Les subventions obtenues pour leur permettre de vivre quand même, n'autorisent rien de plus qu'à diminuer encore des prix déjà dérisoires. Pourquoi ? Parce que pour payer tous les intermédiaires d'une chaîne qui va du bateau jusqu'à la caisse du supermarché, il faut que le poisson ne vaille plus rien, obligeant le pécheur à augmenter chaque jour d'avantage ses prises pour se rémunérer. C'est par ailleurs complètement anti-écologique.

Le pêcheur, l'agriculteur et l'éleveur doivent pouvoir vivre de leur production.

Je ne cautionne pas que tous ces intermédiaires se servent au passage pour une valeur ajoutée au produit de base finalement assez ridicule. Une France Juste propose de maintenir un prix du produit de base qui permette à son producteur d'en vivre correctement.

Je suis convaincu qu'une mesure forte sur le coût des transports consistant à faire porter le coût réel des transports aux utilisateurs et non à l’ensemble des contribuables (voir l'article "Facturer le coût réel des transports" à la rubrique "Economie") conduirait à rapprocher la production des lieux de distribution, réduirait la chaîne logistique et le nombre d'intermédiaires qui se paient au passage et freinerait la course au rendement, quitte à ce que le produit soit plus cher loin de son lieu de production. Ceci aurait déjà pour effet de gommer les différences de prix final entre un produit local et un produit importé.

Je ne pense pas que contraindre plus encore les exploitants résolve la question de fond même si agir sur les producteurs d'engrais et sur les normes sanitaires peut influer à la marge.

A l'instant de basculer

"Il n'y a pas eu plus grand mensonge que la Politique agricole commune, cette subvention qui a toujours empêché les agriculteurs de vivre du produit de leur travail. […] Pressés par cette logique productiviste qui endette, ils ne parviennent même pas à en vivre, là où la qualité, le savoir-faire, les circuits courts auraient pu leur rendre leur dignité. […] Sans vision, sans détermination, sans volonté, les pouvoirs publics sont les complices du désastre en cours, lequel nourrit la désespérance et le vote catastrophe qui ne résoudra rien."

"A l'instant de basculer". Rama Yade - les éditions du net 2016

Statuer sur la condition animale

Le statut de l'animal est un sujet très complexe car il oblige à catégoriser les animaux, certains domestiques, d'autres pour l'alimentation...

Je ne prône pas le véganisme pour l'homme mais défend le respect de la vie animale et considère que les maltraitances animales et les pratiques d'élevage dégradantes méritent sanctions. Dans tous les cas, il convient d'être fermes sur les maltraitantes inutiles.

Sur le besoin d'établir les règles de respect de la condition animale, il existe à ce sujet quelques articles dans le code pénal (dont l’Article R654-1 relatif aux mauvais traitements envers un animal). Au delà, il conviendra d’établir précisément ce qui caractérise une maltraitance (taille des élevages, conditions d’hygiène, nutrition et traitements, conditions de transport, abandon, conditions d’abattage…). Il conviendra, en particulier, de statuer sur les rites pratiqués par certaines traditions (principalement musulmane : viande halal ou juive : cachère).

Je ne prévois pas d'interdire le commerce des fourrures (ou peaux) animales issues de la chasse, mais veillerai à ce que la réglementation (en particulier les quotas) sur les espèces soit scrupuleusement appliquée en France. Nous soumettrons à l’Union Européenne une proposition de directive sur le commerce de fourrures et des peaux animales obligeant les revendeurs des Etats membres, par un étiquetage, à fournir les justificatifs de leur provenance et de leur conformité avec la réglementation. De ce point de vue, la question de l’élevage (versus la chasse) ne me parait pas différente dans la mesure où les quotas relatifs à la protection des espèces sont respectés et qu’aucune maltraitance n’est pratiquée. Les contrôles sanitaires incluront des vérifications sur le respect de ces dispositions.

L’expérimentation sur les animaux ne me paraît acceptable que dans le cas de la recherche de traitements contre la maladie et à la condition de respecter un protocole très strict limitant au maximum le recours à ces pratiques.

Sur le problème des chats et des chiens à La Réunion (voir le site : Maltraitance-animale-sur-l-ile-de-la-reunion, J'identifie un problème culturel qui peut être corrigé par l’éducation, un problème d’écoute par les autorités (qui n’est pas spécifique à la cause animale) et la mise en place de mesures préventives, et un problème de sanction des actes de maltraitance animale.

Je rejoints cependant mon raisonnement précédent sur la nécessaire application de la loi, l’élevage intensif devant par ailleurs être mieux encadré et régulièrement audité.